Exposition
Une exposition amenée et installée par Véronique Dalle, de la Galerie Collégiale – Lille.
"La force de Jean-Pierre Faivre est bien de nous transporter d’un monde à l’autre, d’ici à là-bas, et même de notre expérience du périssable à l’orée du mystère de la vie qui sourd en permanence." Jean-Paul Deremble
Vernissage le jeudi 4 décembre à 18h30
Pour en savoir plus : Site internet de Jean-Pierre Faivre
Vernissage le jeudi 4 décembre à 18h30
"Jean-Pierre Faivre nous offre une symphonie exceptionnelle de couleurs et de vie. La vie dans ses exubérances affleure dans chacune des grandes toiles exposées et se répand avec une joyeuse générosité en tous ceux qui, voyant les œuvres, sont comme emportés dans le mouvement d’une danse cosmique.
Jean-Pierre Faivre s’est lui-même, avec son épouse, laissé entrainer dans les fêtes de l’Inde et de l’Indonésie au cours desquelles la relation avec les dieux déborde nos limites occidentales de ce que nous appelons le religieux, pour saisir et transcender la vie dans sa globalité. Là-bas la naissance comme la mort, la richesse comme l’extrême pauvreté, le bonheur comme le malheur sont emportés dans une célébration qui les unifient dans un mouvement de danse enivrante qui permet d’atteindre une sagesse toute simple, celle de la vie donnée en offrande permanente.
Il faut avoir vécu ces mises en scène de l’accompagnement des morts, d’une théâtralité spectaculaire, pour comprendre que rien ne peut arrêter la vie et que même la mort est vécue par les vivants comme une invitation à vivre encore davantage. Les danses, les chants, les sacrifices plus que sanglants des buffles, les fleurs, tout se mêlent dans une liturgie de la vie très haute en couleurs.
Ces couleurs que Jean-Pierre Faivre travaille des heures durant pour rendre visuellement la richesse des ambiances sonores, odorantes, gestuées et animées des grands rassemblements que l’hindouisme déploie des jours durant dans de grandes manifestations qui mobilisent le peuple dans sa diversité socioculturelle si complexe.
Le tableau qui montre la végétation des îles Sulawesi en Indonésie rend bien la puissance des sèves qui donnent aux plantes des dimensions exceptionnelles et des colorations si vives qu’elles expriment déjà la puissance d’une vie qui se régénère sans cesse dans un cycle où la dégénérescence est toujours l’amorce d’une nouvelle floraison. La maison qui émerge alors des frondaisons est fêtée dans un luxe où l’écarlate sublime les innombrables nuances de la verdure. Les humains, jeunes et vieux, hommes et femmes, se rassemblent, convoqués sans doute pour l’inauguration d’une nouvelle demeure où il ne faut pas douter que les dieux les attendent déjà.
Les compositions foisonnantes à souhait nous absorbent ; nous voilà, étrangers venus de l’occident, comme happés dans le tourbillon des célébrations, au pied des immenses structures préparées pour une crémation imminente.
La force de Jean-Pierre Faivre est bien de nous transporter d’un monde à l’autre, d’ici à là-bas, et même de notre expérience du périssable à l’orée du mystère de la vie qui sourd en permanence.
Que ce soit dans le rendu des grandes manifestations comme dans l’intimité des rencontres avec les deux bergères du Ladakh, lors d’une simple conversation sous le bagnan démesuré qui emmêlent ses branches et ses racines ou encore la nonne bouddhiste Palmo concentrée dans son immobilité, chaque moment de peinture est celui d’une rencontre avec soi-même en définitive.
La peinture de Jean-Pierre Faivre nous invite rentrer dans la fête, et même à danser. Quoi de plus puissant que la danse pour briser nos angoisses ? Les peintures exposées nous entrainent déjà dans une de ces processions au cours de laquelle le dieu Shiva, le dieu du yoga, montrera le chemin de l’unification des forces contraires. Nos quotidiens consuméristes si destructeurs, risquent bien de connaître une nouvelle manière de vivre à la manière des fleurs semées par l’artiste…."
Propos de Jean-Paul Deremble, historien d'art
Université de Lille
Centre du Hautmont



